Histoire

A la mémoire de Robert Schuman

Né au Luxembourg en 1886, le père de la construction européenne est décédé il y a 50 ans
La maison natale de Robert Schuman à ClausenIl a grandi à Luxembourg et le luxembourgeois était sa langue maternelle: il est question de Robert Schuman, le fondateur de l’Union européenne qui est décédé il y a cinquante ans à Scy-Chazelles, petit village de la Moselle française.

Une enfance luxembourgeoise

C’est dans le quartier de Clausen, dans la capitale, que le futur homme politique voit le jour le 29 juin 1886. Il obtient la nationalité de son père, un Allemand originaire de Lorraine. Sa mère est Luxembourgeoise, elle a grandi à Bettembourg, au sud du Grand-Duché. Robert Schuman fréquente l’école primaire de son quartier, où il apprend les trois langues du pays, le luxembourgeois, l’allemand et le français. Adolescent, il devient élève de l’Athénée de Luxembourg. Ce n’est que pour ses études de droit que Robert Schuman quitte le Grand-Duché. Il s’installe entre autres à Berlin et à Strasbourg. Or, l’enfant du pays ne revient plus vivre au Luxembourg: Robert Schuman  s’installe à Metz en 1912 pour exercer la profession d’avocat. Une fois la Première Guerre mondiale terminée, c’est ici qu’il commence sa carrière politique, après avoir acquis la nationalité française. Il devient d’abord député mosellan.

"Ech sin och e Clausener"

Et c’est par ailleurs dans ce contexte qu’il donne une conférence à Luxembourg en 1938. D’après Cédric Sangaletti, chercheur en études européennes au Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe (CVCE), qui a consacré un article sur l’image que le Grand-Duché garde du père de l’Europe, la présence de Robert Schuman a encore peu touché les Luxembourgeois à l’époque. Ce qui a pourtant rapidement changé, quand l’enfant du pays a été nommé à la tête du gouvernement français en 1947 et surtout après sa déclaration du 9 mai 1950 qui a posé les jalons pour la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), le fondement de l’Union européenne d’aujourd’hui. Et le concerné, lui, continuait à se sentir "luxembourgeois". De passage au Grand-Duché en 1948, pour conférer la légion d’honneur à son amie d’enfance, l’auteure Anne Beffort, il déclare: "Ech sin och e Clausener" ("Je suis aussi un Clausenois").

Des rues, des places et un lycée

Aujourd’hui, le Grand-Duché compte de nombreuses  rues et de places, ainsi qu’un lycée nommé d’après Robert Schuman. Un monument dédié à sa personne se trouve à l’entrée du Kirchberg, le quartier européen de Luxembourg, à côté du fameux pont rouge. Le Luxembourg City Tourist Office propose le "Circuit Schuman", une promenade guidée "sur les traces du père de l’Europe". Enfin, la maison natale de Robert Schuman, située rue Jules Wilhelm à Clausen, abrite aujourd’hui le Centre d’études et de recherches européennes Robert Schuman.

C’est ici que commencent les festivités de commémoration du 50e anniversaire de sa mort le 4 septembre 2013. Plusieurs personnalités politiques, dont le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, le ministre d’Etat honoraire, Jacques Santer, et le président du Conseil général de la Moselle, Patrick Weiten. Après avoir rencontré les collaborateurs du Centre d’études et de recherche européennes, les personnalités se rendront à Scy-Chazelles, à 70km de Luxembourg, village où Robert Schuman est décédé il y a cinquante ans. Jean-Claude Juncker et Patrick Weiten déposeront une couronne de fleurs sur sa tombe avant de visiter le Centre européen Robert Schuman local. Le Conseil général de la Moselle à Metz servira ensuite de cadre pour la présentation du documentaire "Robert Schuman: l’Europe en héritage". Ce film évoque les moments importants de la vie et du parcours de Robert Schuman.
  • Mis à jour le 07-04-2015