Histoire

L'Homme du Loschbour, le plus ancien Luxembourgeois, à la base d'un succès scientifique

Dans le cadre d'un projet international, des chercheurs luxembourgeois ont analysé l'ADN du squelette. Les résultats étonnent.

Le visage reconstitué de l'Homme de LoschbourIl aurait eu une peau plutôt mate, des cheveux foncés et des yeux bleus – même si ce dernier constat n'est qu’à 53% sûr. L'Homme de Loschbour, âgé de plus de 8.000 ans, vient d'être examiné au plus près – jusqu'à la reconstitution de son visage. Plusieurs chercheurs, dont des collaborateurs du Musée national d'histoire naturelle (MNHN), du Musée national d'histoire et d'art (MNHA) et du Centre national de recherche archéologique (CNRA), ont initié ces travaux.

Il a été découvert en 1935 au Mullerthal, au lieu-dit "Löschbur", plus précisément, tout près de l'Ernz noire. C'est un squelette très bien conservé que l'instituteur et archéologue amateur Nicolas Schmit a trouvé à l'époque – une vraie mine de trouvailles donc pour les chercheurs scientifiques.

Et c'est notamment grâce aux récents progrès dans le domaine de la génétique, à la multiplication des bases de données internationales et la baisse des coûts des analyses ADN que l'Homme de Loschbour n'est désormais plus un mystère.

Des recherches pluridisciplinaires

En effet, après sept ans de recherches paléoanthropologiques initiées et entreprises par le Dr Dominique Delsate du MNHN, en collaboration avec Alain Faber et Jean-Michel Guinet du même musée, ainsi que Foni Le Brun et Laurent Brou du CNRA, le génome de l'Homme du Loschbour,  un des derniers chasseurs mésolithiques a pu être précisé. Au cours de ces recherches, des fouilles de contrôle ont été réalisées sur le site, le matériel archéologique associé a été étudié et un séquençage ADN a été fait sous la direction de Joachim Burger, Ruth Bollongino de l'Université de Mayence et Johannes Krause et Alissa Mittnik de l’Université de Tübingen.

Résultat: on sait désormais, entre autres avec certains pourcentages de probabilité, que "l'homme de Loschbour 1" avait une pigmentation de la peau plutôt mate (dark skin : 97%), des cheveux foncés (brown or black hair : 99%) et des yeux très probablement bleus (blue eyes: 53%). Par ailleurs, contrairement à 90% des Européens actuels, il présentait une intolérance au lactose. Grâce à l'analyse du collagène de ses os, on sait aussi qu'il se nourrissait essentiellement de viande. Enfin, une reconstitution de son visage a pu être réalisée par Anubis Pictures Luxembourg.

Les résultats du groupe de recherche penché sur les travaux scientifiques viennent de paraître dans la très prestigieuse revue Nature. Un grand succès, aussi pour les participants, luxembourgeois! Car, même 8000 ans après son inhumation, l'Homme de Loschbour fait avancer la Science. Ainsi les chercheurs ont pu proposer une nouvelle hypothèse de travail basée sur trois phases de flux géniques pour expliquer le peuplement de l'Europe: une souche locale de chasseurs-cueilleurs de l'Ouest, puis l'arrivée d'agriculteurs-éleveurs à partir de 5.500 ans avant notre ère et potentiellement l'arrivée d'une population indéterminée au cours du deuxième millénaire avant J.-C.

Vous souhaitez en savoir plus? Alors, visitez le Musée national d'histoire naturelle, où l'Homme de Loschbour est exposé.

(Article rédigé par l’équipe rédactionnelle du portail luxembourg.lu, Source: communiqué de presse du MNHN)
  • Mis à jour le 20-10-2015