Emploi

L’histoire d’amour entre le Luxembourg et ses frontaliers sujet d’une étude du Statec

Le nombre augmente constamment, les cotisations et prestations sociales aussi

Les travailleurs venant de la France, de Belgique ou de l'Allemagne sont représentés dans tous les secteurs du Luxembourg.Chaque jour ouvrable, des milliers de personnes traversent les frontières le matin pour se déverser dans les petits commerces, grandes surfaces, bureaux et ateliers du Luxembourg. Des milliers? En effet, il s’agit de 163.912 travailleurs frontaliers, selon le dernier "Regards" du Statec, qui travaillent quotidiennement au Luxembourg, et contribuent leur part importante à l’économie et la diversité luxembourgeoise. Et ça comparé aux 549.700 résidents ...

Le Luxembourg reste le pôle de l’emploi de la Grande région

Depuis une trentaine d’années, l’économie luxembourgeoise a recours de plus en plus à des travailleurs frontaliers venant des trois pays limitrophes. Derrière la Suisse, le Luxembourg est le deuxième pays en Europe à être touché par ce phénomène.

Les frontaliers qui résident sur le territoire français sont les plus nombreux parmi les frontaliers salariés au Luxembourg. Leur part relative a cependant baissé entre 2002 (52%) et 2014 (50%), de même que celle des ressortissants de Belgique (28% contre 25%). Par contre, celle des résidents d’Allemagne a augmenté de 20% à 25% et se trouve désormais à égalité avec celle des résidents de Belgique. Entre 2002 et 2014, le nombre de frontaliers entrants augmente de 4% en moyenne par année. La crise économique de 2007-2008 ne semble avoir eu qu’un impact limité. En effet, leur nombre ne baisse que légèrement en 2009 pour repartir à la hausse en 2010 (+2.8%).

Quand on parle de frontaliers, on oublie souvent les résidents qui quittent le Luxembourg pour aller travailler à l’étranger. Pour cause, car en 2013 leur effectif (11.203) est beaucoup plus faible que celui des frontaliers entrants (156.726). Notons toutefois qu’en réalité il n’y a que 1 000 personnes qui traversent les frontières pour gagner leur pain en France, Belgique, Allemagne ou ailleurs.

Salaires et cotisations en hausse

Le salaire annuel moyen touché par les frontaliers entrants varie sensiblement selon leur pays d’origine. En moyenne, un frontalier français touche 44.879 euros par an, contre 55.701 pour un frontalier belge et 52.197 pour un frontalier allemand.

En 2014, les frontaliers français gagnaient donc près de 11.000 euros de moins par année que leurs collègues belges et 7.000 euros de moins que leurs collègues allemands. Ceci reflète une certaine "spécialisation" des frontaliers dans des secteurs se caractérisant par de fortes différences en matière de salaire. Par rapport aux frontaliers belges et allemands, les frontaliers français étaient surreprésentés dans des activités moins bien rémunérées comme par exemple le secteur de l’Horesca, ou le commerce et le travail intérimaire.

En total, les frontaliers ont gagné 9,3 milliards d’euros en 2014, dont uniquement 1,3 milliards qui ont été dépensés au Luxembourg, tandis que 8 milliards sont sorties du pays. L’impôt sur le revenu prélevé aux frontaliers compte pour 5% des impôts prélevés au Luxembourg – un taux qui a quadruplé pendant la dernière décennie.

Un chiffre comparable s’affiche pour les cotisations sociales: 1,8 milliard d’euros en 2014 contre 848 millions en 2004, ce qui souligne l’évolution du marché de l’emploi luxembourgeois. Pour les prestations sociales, notons que le chiffre reste en-dessous du total des contributions: 1,630 milliard d’euros ont été dépensés pour les contribuables frontaliers en 2014.

La success story luxembourgeoise continue.

(Source: Publication "Regards 08" du Statec)

  • Mis à jour le 05-06-2015