Fêtes et traditions

La procession dansante d'Echternach se tient le mardi de Pentecôte

Cette tradition est inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco

La procession dansanteLe 26 mai 2015, comme chaque mardi de Pentecôte, se déroule la procession dansante d'Echternach. Cette tradition luxembourgeoise, qui est bien connue au-delà des frontières du pays, attire tous les ans des milliers de croyants et de badauds dans la ville abbatiale.

Il n'est donc pas un hasard si cette tradition a été inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, le 16 novembre 2010.

Les origines de la procession dansante

Des coutumes païennes obscures sont à l’origine de cette procession. Selon la légende, elle remonte au VIIIe siècle, à saint Willibrord et à Guy le Long, le "violoniste d’Echternach" qui partit en pèlerinage avec sa femme vers la Terre sainte et rentra seul au bercail, sa femme étant morte en chemin.

Des proches jaloux qui s’étaient entre-temps partagé ses biens firent courir une rumeur selon laquelle Guy aurait assassiné sa femme à l’étranger. Le malheureux fut condamné à la peine de mort et c’est des marches de la potence qu’il demanda le droit de jouer une toute dernière fois de son violon. Ce souhait lui fut accordé.

La "danse de Guy"

Guy joua et les badauds attroupés sous la potence se mirent à danser. Ils dansèrent des heures durant jusqu’à ce que leurs pieds s’enfoncent dans le sol et Guy, tout en jouant, avait depuis longtemps quitté son échelle et la ville d’Echternach alors qu’ils étaient encore en train de danser.

Sur ces entrefaites, saint Willibrord fut appelé pour briser ce sort et délivrer les malheureux de la "danse de Guy".

Dans les temps anciens, la procession dansante était non seulement censée remédier à la maladie de la danse de Guy, mais aussi à quantité d’autres maux et infirmités chez les hommes et les animaux.

Loin d’être comme aujourd’hui une manifestation essentiellement folklorique, elle constituait un véritable pèlerinage auquel on venait bien souvent de loin et à pied pour y assister. Aujourd’hui encore, on raconte que les pèlerins de Prüm dans l’Eifel emportaient un ou deux cercueils avec eux, car il arrivait que certains d’entre eux meurent en chemin.

Deux pas à gauche, deux pas à droite

La procession dansante consiste littéralement à sautiller: deux pas à gauche, deux pas à droite. Autrefois, on sautillait de trois pas en avant, puis de deux en arrière (aujourd’hui encore, on dit avec humour qu’une chose "avance comme la procession d’Echternach").

Les danseurs, alignés par rangées de cinq à six personnes, se tiennent par le bout de leurs mouchoirs et sautillent aux sons de la mélodie entraînante et singulière de la procession inspirée de la chanson populaire Adam avait sept fils, une ritournelle qui bien des heures plus tard résonne encore à l’oreille des danseurs comme des spectateurs.

La mélodie n’est pas seulement jouée par les harmonies et les fanfares du Luxembourg, mais aussi par des formations d’accordéonistes et de violonistes. On joue et on sautille pendant près de trois heures à travers les rues du quartier religieux et on défile en sautant devant saint Willibrord qui repose dans la crypte de la basilique.

Une tradition connue bien au-delà des frontières luxembourgeoises

La procession dansante a attiré les dernières années plus de 12.000 pélerins, venus de tout le Grand-Duché, des pays voisins, de même que de nombreux touristes et curieux.

Comme la tradition est dorénavant inscrite au patrimoine de l'humanité Unesco, les organisateurs s'attendent à ce que ce chiffre augmente davantage au cours des années à venir.

(Source: BRAUN, Josy. "Traditions et fêtes" dans: Lëtzebuerg. Grand-Duché de Luxembourg. Service information et presse. 2007.)

  • Mis à jour le 22-05-2015