Environnement

La COP22 pleine d'optimisme

Le Luxembourg loué pour ses efforts.

COP22La 22e Conférence des parties (COP22) de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été conclue le 19 novembre 2016 à Marrakech au Maroc. L’accord de Paris sur le climat, qui est entré en vigueur le 4 novembre 2016, est désormais ratifié par 111 parties, dont le Luxembourg – qui l’a ratifié le 11 octobre. Dans ce contexte, la COP22 a adopté deux décisions portant sur le programme de travail, notamment les dispositions réglementaires concernant la mise en œuvre de l’accord de Paris d’ici 2018, ainsi que sur les dispositions en matière du financement de l’adaptation.

Des défis à relever

Limiter le réchauffement de la planète due à l’effet de serre à 2°C comparé aux températures préindustrielles – voici le défi. Mais, les moyens qui doivent être engagés sont énormes – les Nations unies parlent d’entre 140 et 300 milliards USD à investir jusqu’en 2030 pour atteindre les objectifs définis à Paris – et le temps presse. Déjà, des Etats vulnérables, des pays menacés par l’augmentation du niveau de la mer ou des  sécheresses, sonnent l’alarme face aux influences que le changement climatique a directement sur la vie quotidienne de leurs populations. 44 de ces Etats ce sont donc réunis dans un Climate Vulnerable Forum (CVF) et se sont engagés à sortir complètement de l’utilisation de combustibles fossiles d’ici 2050.

Une feuille de route ambitieuse, d’autant plus que la ministre luxembourgeoise de l’Environnement, Carole Dieschbourg, a souligné l’importance de l’action climat sur le terrain et le financement climatique afin de maintenir un niveau d’ambition élevé. Ainsi, le Luxembourg fut loué à Marrakech pour sa promesse de contribuer à hauteur de 5 millions d’euros par an au Climate Fund, avec lequel des projets sont financés pour permettre de limiter les conséquences négatives du changement climatique. En même temps, le Luxembourg a présenté une nouvelle plateforme de financement qu'il a élaboré en collaboration avec la Banque européenne d’investissement, pour soutenir financièrement des projets de grande envergure afin de limiter le changement climatique. Ces projets devront aussi attirer la participation d’investisseurs privés – un modèle qui, selon la ministre, devrait inspirer d’autres projets à l’étranger.

Le Luxembourg s'engage

Dans ce contexte, le Luxembourg s’est vu féliciter: le pays, même s’il ne fait pas partie du CVF, a l’objectif de réduction des gaz à effet de serre (GES) le plus ambitieux des Etats membre des Nations unies (à savoir moins 20% pour 2020 par rapport à 2015). Pour atteindre cet objectif, le pays mise sur les énergies renouvelables, le taux desquels dans la consommation devrait atteindre les 11% en 2020. Pour ce faire, le Luxembourg multiplie le nombre de ses parcs éoliens. Ainsi, des autorisations pour des installations pouvant produire jusqu’à 60 mégawatts ont été accordées entre 2013 et 2016 – doublant le rendement de ce type d’énergie renouvelable – et d’autres projets devront voir le jour prochainement à Differdange, Dahlem ou Garnich. En développant davantage le photovoltaïque, le Luxembourg pourrait même dépasser l’objectif qu’il s’est fixé.

En parallèle, la bourse luxembourgeoise s’est mise au vert pour soutenir l’effort du gouvernement et contribuer au financement de la lutte contre le changement climatique. Au 27 septembre 2016, le Luxemburg Green Exchange a ouvert ses portes, cotant 114 obligations vertes venant de 25 émetteurs en 19 devises différentes, ceci pour un montant de plus de 45 milliards USD. Sachant que la Climate Bond Initiative estime à 100 milliards USD le volume d’émissions vertes en 2016, le LGX occupe donc une position de pointe dans le marché des titres verts mondial. Avec cette plateforme, dédiée aux instruments financiers verts, la Bourse de Luxembourg devient la première bourse au monde à se limiter à la cotation de produits financiers écologiques. Ainsi, l'accès est limité aux émetteurs qui se conforment à des critères d'éligibilité stricts. La plateforme vise à établir une nouvelle référence pour le marché, en forte évolution, des valeurs mobilières vertes.

L’action climat inclut également d’autres domaines comme la santé, les droits de l’homme, l’égalité des genres et les peuples indigènes. Dans ce contexte la ministre Carole Dieschbourg, en collaboration avec ses homologues autrichien, finlandais et suédoise, a facilité le compromis permettant la mise en place dès 2017 de la plateforme des peuples indigènes prévue par l’Accord de Paris. En effet, le Luxembourg a donné un nouvel élan à la discussion sur la protection des populations indigènes dans le contexte de la protection du climat, pour empêcher que ces peuples ne soient déplacés en conséquence de la lutte contre le changement climatique.

C’est ainsi que Germanwatch et le Climat Action Network (CAN) ont placé le Luxembourg au 13e rang du “Climate Change Performance Index 2016”, alors qu’en 2015 il occupait encore le 29e rang – une progression remarquable du Luxembourg, qui lui vaut une place de choix parmi les pays "bons élèves".

(Article rédigé par l’équipe rédactionnelle du portail luxembourg.lu) 

  • Mis à jour le 24-11-2016