Histoire

Il y a 150 ans, la Crise du Luxembourg était résolue

Le 2e Traité de Londres (1867) confirma l'indépendance du Luxembourg.

Traité de Londres 1867Il y a 150 ans, le sort du Luxembourg occupait beaucoup la presse internationale. Dans un contexte européen très tendu, la question de la propriété de la ville fortifiée de Luxembourg risquait d’emmener le continent dans le tourbillon d’une guerre – et conférait au Luxembourg le statut de pays neutre.

Un petit pays au centre d'une crise européenne

Encore de nos jours, les vestiges majestueux de l’ancienne forteresse de Luxembourg marquent la topographie de cette ville millénaire. Au milieu du 19e siècle, la forteresse du Luxembourg était en effet une œuvre redoutable, surnommée le "Gibraltar du Nord" et réputée imprenable. Formellement, le Luxembourg était indépendant et neutre, mais sa forteresse était occupée par une garnison prussienne, tandis que le territoire du Grand-Duché était régi par le roi Guillaume III des Pays-Bas en tant que Grand-Duc du Luxembourg. En outre, le pays était membre de la Confédération germanique et du Zollverein, union douanière mise au pied par la Prusse.

Dans cette situation, intervint l’offre de l’empereur des Français, Napoléon III, de racheter la ville de Luxembourg au prix de 50 millions de florins. La Prusse s’opposa à cette tentative, menaçant la France de guerre, tandis que celle-ci refusait de retirer son offre. Cette "Crise du Luxembourg" risqua de déstabiliser le continent entier, avec une mobilisation en France et en Prusse.

Vers un statut de pays neutre et désarmé

Au dernier moment, la Grande Bretagne organisa une conférence internationale à Londres, invitant les 7 autres puissances internationales de l’époque: l’Empire austro-hongrois, le Royaume de Belgique, l’Empire français, le Royaume d’Italie, le Royaume des Pays-Bas, le Royaume de Prusse et l’Empire russe. Le Grand-Duché de Luxembourg, quant à lui, fut présent en la personne du président du gouvernement, Victor de Tornaco, et du membre du Conseil d’Etat Emmanuel Servais.

Le Traité de Londres du 11 mai 1867, qui était le résultat des négociations, attribuait au Grand-Duché de Luxembourg le statut d’Etat perpétuellement neutre et désarmé.

Rapidement, cette décision entraînait le départ de la garnison prussienne, suivi du démantèlement successif de la forteresse. Ainsi, se termina une période d'occupation du Luxembourg par des pouvoirs étrangers qui avait débuté dans la prise de Luxembourg par Philippe II de France, en 1443. Le 9 septembre 1867, le contingent luxembourgeois entra dans Luxembourg. Les travaux de démolition durèrent jusqu’en 1883 pour un coût total de quelques 1,5 millions de francs-or, mais libérèrent la ville de son corset de fortifications et permettèrent son développement.

Le statut de neutralité, quant à lui, fut maintenu jusqu'en 1945.

(Article rédigé par l'équipe rédactionnelle du portail Luxembourg.lu)

  • Mis à jour le 11-05-2017